Le confinement est un moment propice aux visionnages de divers de films, séries ou de documentaires. Au vu du nombre de possibilités en streaming et de personnes abonnées à Netflix, je trouve intéressant de vous partager deux films qui ont retenu mon attention sur cette plateforme.

Selon moi, ils peuvent nourrir la réflexion individuelle quant à l’exploitation animale et aux changements environnementaux : “Born to be free” et “Chasing Corals”.

Je préfère spécifier que ces deux films, en particulier “Chasing Corals”, m’ont laissé une certaine angoisse face aux changements excessivement rapides qui ont eu lieu au cours de ces dernières décennies. Pour être allée moi-même sur des récifs coralliens, j’ai pu observer la vitesse de disparition de ces derniers.

C’est d’ailleurs ce documentaire qui a engendré une profonde réflexion chez Guillaume Néry, champion mondial d’apnée, et l’a poussé à réaliser le film “One breath around the world” (que je vous invite vivement à voir) pour nous faire réfléchir sur notre rapport au monde aquatique.

Guillaume Néry, champion mondial d’apnée

Les bélugas et leur marchandisation

Commençons par “Born to be free, la souffrance pour seul avenir”. Ce documentaire sorti en 2016 est réalisé par Gayane Petrosyan et retrace le commerce des cétacés destinés au tourisme en Russie, en particulier des bélugas et des orques.

Les journalistes enquêtent sur les 18 bélugas retenus en captivité et destinés à l’aquarium de Géorgie aux Etats-Unis. Pas de grandes productions pour ce film, mais un financement obtenu via un crowdfunding, lancé par des journalistes russes (également apnéistes) qui ont eu à cœur de partager leur appel à protéger les océans et faire cesser la captivité des cétacés.

Nous avons commencé à tourner un film sur les aquariums, mais je ne pouvais pas imaginer l’ampleur du business, ni à quel point ce système était corrompu” raconte Gayane Petrosyan.

Les images nous livrent simplement leurs recherches tout au long de cette enquête. A mes yeux, le point fort de ce film est que les personnes interviewées le font à visage découvert, expliquant ouvertement ce qui se déroule dans leur pays.

Plusieurs personnes ayant participé à ce trafic apportent leur témoignage. C’est poignant et révoltant de voir à nouveau le spécisme dont l’humain fait preuve au nom du sacro-saint dollar (les bélugas ne sont qu’une marchandise à vendre), mais la ténacité des réalisatrices pour montrer la vérité fait plaisir à voir.

Finalement, rien ne change, si ce n’est la prise de conscience de la grande liberté qui existe en Russie concernant la pêche aux cétacés et qui de fait le place comme un des principaux réservoirs de faune pour les delphinariums, en particulier pour le marché américain et chinois.

Une petite touche d’espoir tout de même : il semble que plusieurs personnes qui témoignent n’adhèrent pas forcément à ces pratiques et seraient prêtes à un changement de paradigme.

J’ai été également particulièrement choquée des justifications apportées à ce commerce. La pêche est autorisée sous couvert d’études scientifiques (qui ne sont pas valides puisque le comportement des cétacés en captivité est totalement biaisé) ou d’apport pédagogique.

Hors, comme le mentionne la réalisatrice, un apprentissage basé sur des animaux en captivité, bien loin de leurs conditions de vie naturelles n’apporte en réalité que peu de fondements. Les quotas octroyés officiellement à des fins éducatives et scientifiques cacheraient en fait des pêches à but commercial.

Les images parfois volées des conditions de détention des 18 bélugas sont affligeantes. En effet, il n’existe pas de réglementation concernant la détention de mammifères marins en Russie.

N’importe qui peut acheter un animal s’il a été capturé légalement, et le mettre dans sa baignoire si ça lui chante“, explique l’un des témoins du film.

On ne peut qu’éprouver un sentiment de révolte face à une telle impunité. Ce film complète bien “Blackfish” un autre film traitant du même sujet. Mais il montre aussi qu’il existe heureusement encore des gens prêts à se battre contre le spécisme.

Si, par un exercice de dissonance cognitive, vous pensiez que les delphinariums étaient utiles pour leur apport scientifique ou pédagogique, regardez ce film, pour boycotter en toute conscience ces pratiques (et profitez-en pour le montrer à toute personne, enfant compris, qui rêverait d’aller dans un Marineland).

Chasing Coral, climat en péril : la preuve par l’image

Pour rester dans la veine aquatique, je vais également aborder “Chasing Corals.” Ce film a été réalisé par Jeff Orlowski en 2017. C’est un documentaire tout autant déprimant (mais instructif) que le premier.

Lors du visionnage, je n’ai ressenti qu’une immense tristesse et une grande impuissance. Il est pourtant à mes yeux un film important puisqu’il interroge face aux changements climatiques en cours.

Grâce au travail conjoint de photographes sous-marins et de scientifiques, il est possible de voir l’évolution inéluctable des récifs coralliens, mais aussi de comprendre le mode de vie de ces étranges mais fascinants animaux, ainsi que la cause de leur disparition.

En effet, tout le monde parle de la disparition des récifs coralliens depuis de nombreuses années, mais il faut avouer que les connaissances sur le mode de vie des coraux sont assez limitées chez la plupart d’entre nous. En tant que biologiste de formation, j’ai donc particulièrement aimé ce film pour découvrir de manière plus pointue les coraux.

C’est le premier film que je vois qui traite de la physiologie de ces derniers, tous les documentaires que j’avais visionnés jusque là se contentant de traiter ces animaux de manière assez simpliste. C’est peut-être la raison de mon sentiment d’impuissance : une sensation que l’on découvre trop tard, au moment ou leur disparition me semble inévitable, la richesse de ces êtres vivants au-delà de leur importance pour les autres espèces animales.

Je ne peux néanmoins que vous conseiller de voir ce film et surtout de réfléchir à ce que vous pourriez mettre concrètement en place à votre échelle pour endiguer les destructions massives dont nous sommes les catalyseurs.

Certes, des changements climatiques ont lieu indépendamment de l’être humain (les dinosaures ne sont pas éteints à cause de l’homme), mais il est évident que ce dernier a le pouvoir d’accélérer ou ralentir ces changements climatiques par son comportement, en particulier via son consumérisme.

Je te souhaite un bon visionnage. N’oublie pas les mouchoirs pour pleurer face à la déliquescence de notre monde, et viens partager ton avis sur ces films en commentaires !

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A propos de l'auteur-e

Mlle Tournesol
Mlle Tournesol
Accro aux carottes et au chocolat, j’ai fait des études scientifiques car je rêvais de vivre comme Jane Goodall, entourée de chimpanzés, ou dans n’importe quel espace sauvage. Master en poche, j’ai finalement choisi de vivre en Licornie et de devenir thérapeute, mode de vie plus facilement gérable avec des enfants.

Mes passions sont la nature, la lecture, le développement personnel et spirituel, l’écopsychologie et tout ce qui touche au bien-être en général, autant pour les humains que les animaux. Je milite pour plus de conscience, de paix et d’équité entre les êtres vivants.

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