Lorsque l’on est végane ou que nous sommes en train de le devenir, au-delà du cercle familial et amical, la place du véganisme au sein de notre couple peut rapidement devenir un questionnement profond. À l’occasion de la St-Valentin, nous te partageons ici nos expériences personnelles.

Le témoignage de Léa

Lorsque j’ai rencontré mon ami j’étais devenue végane assez récemment et je dois dire que je ne me suis qu’à peine posé la question de comment mes convictions (entre autres mon véganisme) allaient prendre part dans ma relation. Je dois dire qu’au début, l’amour est là, les relations naissantes sont remplies d’amour et de passion. Mais plus notre relation évoluait, plus mes questionnements s’intensifiaient.

Je ne peux lui faire aucun reproche, il prend toujours soin de faire des courses pour moi, il lit les étiquettes, cherche de nouveaux restaurants véganes où m’emmener, et lorsqu’il voit un article dans le journal il s’empresse de me l’envoyer par SMS.

Malgré ses nombreuses qualités, nous avons souvent rencontré des différends. Parfois je me dis que vivre en couple avec un homme qui partage mon mode de vie serait plus facile.

En effet, je suis personnellement dans une phase de ma vie où je m’affirme davantage, j’aime penser qu’il faut agir, je fais partie d’associations et je vais plus ou moins régulièrement manifester, …tant d’incompréhension vécue au sein du couple. Au magasin, lorsqu’il achète des yaourts, je ne peux m’empêcher de voir défiler des images dans ma tête, ces pauvres êtres assassinés pour un peu de plaisir gustatif.

Impossible de garder mes idées pour moi, il me paraît tellement important qu’il comprenne et apprenne à mes côtés. De plus, je me sens parfois un peu moralisatrice. Indéniablement je me retrouve dans le mauvais rôle, et je me prends parfois des réflexions telles que “laisse-le manger ce qu’il veut, le pauvre“!

Aujourd’hui après 2 ans et demi de relation, impossible pour moi d’imaginer vivre avec un homme qui remplirait les placards de produits animaux… Bien sûr, ce n’est pas la seule raison, mais c’en est une. Je me retrouve parfois à me dire “mince, je ne peux pas débattre et partager de la cause animale, l’écologie…“, ou encore le je ne peux pas partager mes émotions lorsque je viens de lire un article ou de voir une vidéo qui m’a touché. J’ai aussi occasionnellement le sentiment de ne pas être comprise totalement, mais rationnellement je ne peux pas lui en vouloir de cheminer à son propre rythme.

Pas toujours facile de se sentir en accord sur nos valeurs au sein d’un couple !

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Couple dans une cuisine en train de préparer à manger

Le témoignage de Mathilde

Lorsque j’ai transitionné vers le véganisme, j’étais avec un garçon qui ne me connaissait que végétarienne. À l’époque, cela ne me dérangeait pas de cuisiner ou d’acheter des produits d’origine animale, même si je n’en mangeais plus.

Ma transition vers le véganisme a été difficile pour lui, il ne comprenait pas ma démarche et mon discours très vindicatif a eu tendance à le rebuter plus qu’à ne le convaincre de changer de perspective. Notre histoire s’est terminée pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le sujet de cet article.

Rétrospectivement, je comprends qu’il ait eu du mal à me suivre ; tout cela avait été soudain et j’avais eu du mal à lui expliquer mes motivations puisque je m’attendais à ce qu’il les comprenne de lui-même – elles me paraissaient tellement évidentes !

Deux ans plus tard, j’ai rencontré mon amoureux. Il m’a donc toujours connue végane. Je pense qu’au début il était un peu intrigué mais sceptique et ne voyait que les privations, puis il s’y est fait. Peu à peu, il a appris sur mon mode de vie et maintenant on vit la même routine que n’importe quel couple.

Pour son premier anniversaire que nous passions ensemble, j’avais fait son dessert préféré, un cheesecake aux oréo, en version végane. À partir de là, il a compris qu’on était loin de ne manger que des feuilles et des cailloux.

En week-end à Londres, il a découvert que presque toutes les Dr Martens qu’on aimait existaient en version véganes et après trois jours à manger dans les meilleurs restos de la ville, je pense qu’il était entièrement convaincu du fait qu’être végane est loin d’être aussi compliqué que ce que l’on a tendance à imaginer.

Aujourd’hui, nous mangeons exclusivement végane lorsque nous sommes chez nous. Je n’achèterai ni ne cuisinerai plus rien dont l’origine est animale.

À l’extérieur, il lui est arrivé de commander un plat omnivore. Ça m’a parfois attristée, mais j’ai respecté son choix et je remarque que ces situations sont de plus en plus rares. Il m’a même confié qu’il mangeait de plus en plus souvent végane, même au bureau.

Couple passant devant une épicerie

Crédit photo: Josh Wilburne

Le point de vue d’un omnivore

Au début, j’étais frustré de ne pas pouvoir partager certaines choses avec ma copine, certains restaurants notamment. Je me demandais si nous mangerions chacun des choses différentes, mais finalement, je trouve plus logique, et absolument pas pesant, de manger la même chose qu’elle, donc à la maison, on mange végane.

Et peu à peu, je me surprends à manger végane, ou végétarien la plupart du temps, même à l’extérieur. Fréquenter Mathilde m’a fait changer de regard sur le véganisme, que j’appréhendais jusque-là comme quelque chose de compliqué.

Je suis content d’avoir « découvert » de nouveaux aliments (des nuggets et fishsticks de simili-carnés, à la fondue de la Crèmerie Végane, en passant par le faux-gras) et je m’amuse en cuisine (oui, pour le wholefood plantbased diet, c’est pas encore ça).

Par ailleurs, mon regard sur les animaux et/ou les viandes que je pouvais consommer a changé : outre le fait que j’en achète beaucoup moins, je ne peux plus manger certaines espèces animales.

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Crédit photo: Prince Akachi

Le point de vue d’une végane

Le fait qu’il mange des produits carnés m’attriste, mais je lui suis reconnaissante de ne le faire que rarement lorsque nous sommes ensemble. Si certaines situations me frustrent, je n’hésite pas à expliquer les choses le plus rationnellement possible et je fais confiance en son intelligence pour qu’il comprenne en quoi telle ou telle situation est problématique.

J’essaie d’être patiente et aussi respectueuse que possible – même si je suis incapable de me taire quand je passe devant une affiche Swissmilk en ville ou dans le rayon boucherie d’un supermarché…

Nos conseils:

  • Il est inutile d’être trop vindicatif. Le cheminement de chacun prend son temps, il est personnel et, bien que cela puisse être parfois frustrant, il faut accepter que l’autre ne partage pas nécessairement notre conception des choses. Il est également bon de se rappeler que la majorité d’entre nous n’avons pas toujours été véganes.
  • Donner l’exemple : le couple est l’occasion de montrer au quotidien combien il est finalement facile de vivre de manière végane, sans consommer de produits d’origine animale ni n’acheter de dérivés de ceux-là. Donner l’exemple au sein de son couple, c’est, dans une certaine mesure, convaincre quelqu’un de notre démarche.
  • Si ce n’est pas évident au premier abord, explorez des recettes jusqu’à trouver un terrain d’entente sur des cuisines qui vous plaisent à tous les deux.
  • Saluez les efforts réalisés dans votre sens plutôt que de ne te focaliser que sur les impairs commis.

Et si tu es célibataire et cherche un.e partenaire, on te recommande cet article :Amitié et drague en ligne, le tour des sites de rencontres végés

Et toi ? Comment vis-tu tes relations amoureuses d’un point de vue végane ? Partage-nous ton expérience en commentaires 🙂

Image d’illustration: Dương Hữu

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