La diffusion récente, sur la Télévision Suisse Romande, d’un reportage sur la chasse aux trophées en Valais a suscité de vives réactions indignées et de nombreux partages sur les réseaux sociaux.

L’émission Mise au Point, diffusée ce dimanche dernier fait des vagues. Et pour cause, on y parle de chasse, plus particulièrement de chasse au bouquetin en Valais.

Le bouquetin des Alpes est une espèce de mammifères de la famille des bovidés et de la sous-famille des caprinés. Comme son nom l’indique, l’espèce habite l’arc alpin. Son milieu de prédilection comprend des murailles abruptes, des falaises à pics ou des parois escarpées. Il ne fréquente la forêt qu’exceptionnellement.

La caractéristique la plus frappante chez le bouquetin mâle réside dans ses cornes. À l’âge adulte, les cornes du mâle atteignent 70 à 100 cm et peuvent peser jusqu’à 6 kg la paire. On peut souvent voir des bouquetins s’en servir pour se gratter le dos ou les cuisses.

Une histoire de grosses cornes

Ses cornes, c’est tout l’enjeu des chasseurs de trophées. Plus le bouquetin est âgé, plus les cornes sont grandes, plus le chasseur touriste paiera cher pour l’accrocher à son mur…

Ceci en toute légalité, puisque cette chasse est surveillée par un garde faune, auquel il est demandé de verser un pourboire. Comme le souligne le reportage de Mise au Point, en Suisse, un garde faune n’est pas censé accepter ce type de paiement.

Un bouquetin des Alpes

Outre le fait que ce reportage a permis à un large public de prendre conscience que ce type de pratique avait aussi lieu en Suisse, il provoque une levée de bouclier quant à la préservation de l’espèce.

Puisque les ce sont les mâles les plus âgés qui se reproduisent, il est parfaitement cohérent de s’interroger sur la pérennité de l’espèce lorsque des touristes fortunés choisissent de tuer ces mâles.

Le journaliste de Mise en Point durant son enquête.

Une chasseuse et le “trophée” qu’elle a ramené du Valais lors d’un voyage “chasse”. organisé.

Description du travail de garde faune lors des chasses aux trophées

Est-ce légal…?

Le plus choquant dans ce document est peut-être aussi le fait que cette pratique semble bien réglementée puisque un tableau officiel établit le prix de l’animal en fonction de la longueur de ses cornes, même si on ne sait pas vraiment à qui profite cet argent.

Cela pousse également à se demander si de telles pratiques n’ont pas aussi lieu dans d’autres cantons.

Nous pouvons saluer la Télévision Suisse d’oser égratigner l’image bien lisse que le pays veut promouvoir pour mettre à jour cette vérité dérangeante : non il n’y a pas besoin d’aller dans des pays lointains ou côtoyer des braconniers pour décimer la faune sauvage ; on peut aussi détruire la faune de nos régions ; quelques pots de vins et un compte en banque bien rempli suffisent !

De toute façon l’écologie et le respect de la nature, c’est un truc de bobos non… ?

Si, comme moi, tu considères que ces pratiques doivent cesser, tu peux signer la pétition créée sur Change.org. Celle-ci est adressée à l’Etat du Valais, et à l’heure où j’écris ces lignes, a rassemblé 36,830 signatures.

 

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A propos de l'auteur-e

Mlle Tournesol
Mlle Tournesol
Accro aux carottes et au chocolat, j’ai fait des études scientifiques car je rêvais de vivre comme Jane Goodall, entourée de chimpanzés, ou dans n’importe quel espace sauvage. Master en poche, j’ai finalement choisi de vivre en Licornie et de devenir thérapeute, mode de vie plus facilement gérable avec des enfants.

Mes passions sont la nature, la lecture, le développement personnel et spirituel, l’écopsychologie et tout ce qui touche au bien-être en général, autant pour les humains que les animaux. Je milite pour plus de conscience, de paix et d’équité entre les êtres vivants.

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