De l’importance de l’écologie chez les véganes

Si le véganisme est vu actuellement comme le but ultime à atteindre au sein du mouvement végane et antispéciste, je pense néanmoins, qu’il faudrait réfléchir aux formes et limites du véganisme.

Si nous remontons à sa conception, le véganisme est défini comme suit « un végane exclut tous les produits d’origine animale de son alimentation (viande, poisson, coquillages, lait, œufs ou miel entre autres), de son habillement (fourrure, cuir, laine, soie, plume) et de quelque autre domaine que ce soit (cosmétiques, loisirs, etc.) ».

Mais cette définition, bien qu’elle englobe une multitude d’aspects de l’exploitation animale ainsi que de la mise à mort des animaux, en oublie quelques-uns.

L’agriculture, à part être abordée sous le thème de la production de protéines animales (viande, lait, poisson) oublie et met complètement de côté la production d’aliments végétaliens comme les céréales, mais aussi les noix, les légumineuses, les fruits et les légumes.

En effet, la production de protéines végétales (notamment dans l’agriculture intensive) n’est pas exempte de tout dommage envers les animaux. La culture céréalière, par exemple, tue de nombreux insectes par le biais des pesticides, des vers de terres par le biais du labour du sol, les souris et autres rongeurs qui entrent en compétition pour la nourriture semée sont parfois supprimés.

D’autres aliments peuvent être plus connus par les ravages que font dans les forêts est la plantation d’huile de palme. On sait que ces plantations menacent la vie des chimpanzés tant au sud-est de l’Afrique comme en Indonésie et en Malaisie.

La production d’amandes en Californie nécessite également un transfert d’abeilles massif pendant la pollinisation des amandiers, car les abeilles vivant dans cette région seraient incapables de tout polliniser. Je ne me suis pas attardée sur d’autres problèmes qui causent énormément de pertes et de souffrance animale comme le mitage du territoire, le changement climatique ou la perte en biodiversité.

L’agriculture intensive n’est en rien végane. J’ai choisi d’illustrer cet exemple, car je pense que trop souvent, nous mettons de côté ce genre de réalités. Pour cela, je pense que le terme véganisme (du moins les frontières qui ont été établies) sont quelque peu désuètes. Pour cela, je pense qu’il faudrait davantage intégrer l’écologie dans le mouvement végé.

Lire aussi: Pour l’émergence d’une écologie sentientiste

De l’importance du véganisme (et de l’antispécisme) chez les écologistes

Cette partie concerne les écologistes qui font appel à des arguments bien connus (terroir, tradition, don et contre don) afin de continuer à légitimer leur consommation de protéines animales.

Quelques informations s’imposent. Tout d’abord, constat est fait par de multiples institutions (FAO, GIEC, etc.) que la production et consommation de viande sont nuisibles à la planète. On sait également que « la digestion du foin et de l’herbe produit plus de méthane que celle du maïs».

Et que dire sur le nombre de mammifères encore sauvages ? Seulement 4% des mammifères le sont encore aujourd’hui. Le reste, est composé d’humains et d’animaux de rente.

Écolos, vous pensez bien faire en mangeant des animaux issus de l’élevage bio ou de petites exploitations, mais il ne faut pas oublier que les animaux de rente restent des animaux dont les éleveurs doivent tirer profit. Même dans le bio, les animaux sont toujours exploités.

Cochon en élevage suisse – Crédit photo : Fondation MART

Les poules de ponte perdent leurs plumes, les veaux sont retirés à leur mère à un moment donné ou à un autre et partent à abattoir, les vaches même en broutant l’herbe dans les prairies elles finissent en petits morceaux, tuées après à peine cinq-six ans.

Si chez certains écologistes peut exister une envie de manger des produits issus de l’exploitation animale plus « éthiques », dont l’élevage est davantage soucieux des animaux que dans l’élevage dit intensif, pourquoi ne pas faire un pas en avant et remettre en question le rapport que nous avons avec les animaux?

Ne pourrions-nous pas envisager un autre lien que celui de l’homme mettant au monde des animaux pour ensuite les exploiter et les tuer ? Ce besoin de posséder l’animal? De l’utiliser à ses fins?

Loin de moi l’idée de pousser les véganes à être « parfaits » mais plutôt de réfléchir à la manière dont nous produisons nos aliments (même s’ils ont un label vegan).

Concernant les personnes écologistes qui continuent encore aujourd’hui à manger de la viande, je les invite à se renseigner sur la vérité des élevages bio et à réfléchir au-delà du rapport actuel entre les êtres humains et les autres êtres sentients.

Vélo blancPar Paloma
Végane engagée.
Aime également le vélo et le théâtre.

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